Quatre natures mortes de Bernard Bouin dans l’exposition qui a lieu en ce moment au Musée des Beaux Arts dans le cadre de l’exposition:
« Vivant Végétal ».
L’exposition Vivant Végétal s’apparente à une cueillette. Elle fait dialoguer des expressions aussi diverses que la sculpture, la peinture, le dessin, les images vidéo, les installations, mais intègre également des pièces choisies dans les collections anciennes du fonds d’histoire naturelle.
La nature morte aux légumes de Georges Levreau ( à droite) appartenant aux collections anciennes du musée, dialogue avec les natures silencieuses de Bernard Bouin(à gauche).
Très beau catalogue de l’exposition en vente au Musée Prix 25 euros
Beau texte » Natures Silencieuses » dePhilippe Roy
sur les natures mortes de Bernard Bouin
Page 60 du Catalogue.
La Cohue, Musée des Beaux-Arts 9 et 15 Place Saint-Pierre ouvert tous les jours, de 13h30 à 18h – tél 02 97 01 63 00
A propos de ce lieu, je citerais cette phrase de Fernando Pessoa évoquant la cathédrale de Reims :
[...] Ce qu'il y a de vérité dans la cathédrale de Reims, ce n'est ni la cathédrale de Reims, ni la ville de Reims, mais la majesté religieuse des édifices voués à la connaissance des profondeurs de l'âme humaine.
"Le livre de l'intranquillité" F. Pessoa - Christian Bourgois Editeur.
[…] L’humanité gémit, à demi écrasée sous le poids des progrès qu’elle a faits. Elle ne sait pas assez que son avenir dépend d’elle. A elle de voir d’abord si elle veut continuer à vivre. A elle de se demander ensuite si elle veut vivre seulement, ou fournir en outre l’effort nécessaire pour que s’accomplisse, jusque sur notre planète réfractaire, la fonction essentielle de l’univers, qui est une machine à faire des dieux.
Henri Bergson - Les Deux Sources de la morale et de la religion - 1932
La Nature est un temple où de vivants piliers Laissent parfois sortir de confuses paroles; L'homme y passe à travers des forêts de symboles Qui l'observent avec des regards familiers. Comme de longs échos qui de loin se confondent Dans une ténébreuse et profonde unité, Vaste comme la nuit et comme la clarté, Les parfums, les couleurs et les sons se répondent II est des parfums frais comme des chairs d'enfants, Doux comme les hautbois, verts comme les prairies, — Et d'autres, corrompus, riches et triomphants,
Ayant l'expansion des choses infinies, Comme l'ambre, le musc, le benjoin et l'encens, Qui chantent les transports de l'esprit et des sens
Poème de Charles Baudelaire (1857) - Les Fleurs du mal.
Ce poème de Charles Baudelaire « Correspondance », est le titre de cette exposition organisée dans le cadre du « Printemps des Poètes 2015 » à la Collégiale.
Ce lieu, hors du temps et dans le temps, m’amène à interroger ici sur l’Eternité autour du Polyptyque de l’église de la Pommeraye (situé à 30 kms d’Angers) dont on pourra voir ici les maquettes et trois autres ensembles présentés ici et créés en 1994, 2005 et 2013. A la suite d’une commande qui m’avait été faite, j’ai réalisé en 1997 pour le Chœur de l’église de mon village natal La Pommeraye, un Polyptyque de 8 peintures représentant les scènes de la vie du Christ. Tout en restant fidèle à mon style ainsi qu'à mes thématiques, j’avais voulu retrouver l'esprit de certains de mes maîtres Masaccio, Piero Della Francesca…
Et « Ainsi parlait Zarathoustra » ensemble de quatorze peintures réalisé en 2013 d’après l’œuvre de Friedrich Nietzsche.
Patmos – Poème de Friedrich Hölderlin (1808)
Tout proche Et difficile à saisir, le dieu ! Mais aux lieux du péril croît Aussi ce qui sauve. Dans la ténèbre Nichent les aigles et sans frémir Les fils des Alpes sur des ponts légers Passent l’abîme. Ainsi puisque autour de nous s’amoncellent,dressées, Les montagnes du Temps, Et que les bien-aimés vivent là tout proches, languissant De solitude sur les cimes séparées, Ah ! fais-nous don des ailes, que nous passions là-bas, coeurs Fidèles, et fassions ici retour !
Extrait – Traduction Gustave Roud
J’ai souhaité reproduire ici le début du très beau Poème « Patmos » du poète allemand Friedrich Hölderlin.
Pour lui, le poète peut donner valeur divine et forme mythique aux forces de la nature. Dionysos est le dieu le plus souvent invoqué, mais le Christ apparaît aussi.
Le couchant doré (81 x 100 cm)
Poème d'Arthur Rimbaud (1873)
Explication du poème
Par Philippe Sollers - Mai 2008 (Discours Parfait, Folio n°5344, page 683 - Extrait)
« Quand je prends l’autobus, je me récite : « Mon âme éternelle/observe ton voeu/malgré la nuit seule/et le jour en feu…». Rimbaud a fait quelques corrections très intéressantes, parce qu’il avait d’abord écrit « malgré la nuit nulle et le jour en feu »; cela pour enchaîner sur les vers suivants : « donc tu te dégages/des humains suffrages, des communs élans/tu voles selon ».
C’est bien de réciter ça dans le bus ! On peut commenter ces vers indéfiniment. D’abord, qu’est-ce que cela signifie quelqu’un qui tutoie son âme ?… « Observe », au deux sens du mot : regarde et accomplis… « Tu voles selon», ce « selon » est magnifique. Qu’est-ce que ça veut dire ? Je suis avec mon âme éternelle, je la tutoie, et j’observe en observant son voeu qu’elle vole selon. Selon quoi ? Eh bien, selon ! à son gré, si vous préférez, à sa guise… Alors vous retrouvez le début: « Elle est retrouvée, quoi ?/ L’éternité,/ C’est la mer mêlée au soleil.» Il avait écrit d’abord « allée avec le soleil », et il a corrigé par « mêlée au soleil ». Alors, qu’est-ce que vous constatez ?
Il est question de l’espace et du temps, des catégories fondamentales de l’existence, de ce sur quoi la pensée devrait s’interroger à chaque instant…
C’est la même expérience avec Parménide, Héraclite, Nietzsche, ou encore la Bible.
Nous pouvons faire comme si c’était de la littérature, pour ne dire finalement que des clichés, alors que nous sommes devant des propositions essentielles pour notre vie même, ici et maintenant, tous les jours ».
La toile Printemps 97 x 130 cm de Bernard Bouin ( photographie ci-dessous et à gauche )
dans l’exposition qui a lieu en ce moment au Musée des Beaux Arts
dans le cadre de l’exposition: « Paysage peint – Nature rêvée ».
L’exposition Paysage peint – Nature rêvée, présentée au musée pendant un an, met en lumière le thème du paysage qui traverse toute l’histoire de l’art, depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours avec une hiérarchie de valeur, différente selon les époques. L’Art d’aujourd’hui s’autorise l’utilisation de supports variés, de formats parfois gigantesques pour dire l’harmonie du monde.
La Cohue, Musée des Beaux-Arts ouvert du mardi au dimanche, de 13h30 à 18h
L’exposition aura lieu du 5 octobre au 5 Novembre 2013
Tous les jours de 10H à 18H. Fermé le lundi.
Vernissage le samedi 5 octobre à 17H30.
A l’étage l’exposition de la Biennale 2013 : « Overplay ».
La plainte d’Ariane 100 x 81 cm – Dithyrambe de Dionysos, 1888.
Au Palazzo Albrizzi, on pourra donc découvrir l’installation peinture-musique:
« Also sprach Zarathustra »
D’après le poème musical de Richard Strauss et l’oeuvre de Friedrich Nietzsche.
Ce sera également un hommage à Nicolas Poussin.
Les textes de Friedrich Nietzsche sont pris librement dans « Also sprach Zarathustra ».
La composition de l’ensemble pictural suit la structure de l’oeuvre musicale de Richard Strauss.
C’est à la suite du concert « Also sprach Zarathustra » de Richard Strauss (Dimitri Liss et Orchestre de l’Oural) au moment de la Folle Journée de Nantes en 2011 que j’ai imaginé cette œuvre de 14 peintures.
J’ai donné aux peintures mes propres titres qui correspondent aux 9 séquences de l’oeuvre de Richard Strauss. (un seul a été gardé à l’identique le dernier :Le chant du voyageur de la nuit).
On suivra donc les peintures en lisant les textes de Nietzsche qui ont structuré mon ensemble et on écoutera l’oeuvre de Richard Strauss à l’aide de l’enregistrement choisi (Decca Herbert Von Karayan et Orchestre de Vienne 1959).
A cette fin, sur un écran placé dans la salle sera diffusé une Vidéo qui permettra de voir les peintures et de lire les textes (textes de Nietzsche en allemand, et traductions Italien, anglais, français se succédant sous forme de fondu-enchainé) au rythme de la musique.
IL Gazzettino Venezia Mardi 19 novembre 2013
Art au Palazzo Albrizzi.
Le « Mythe » de Zarathoustra revit avec Bernard Bouin, dans une œuvre picturale fantastique
Les peintres tentent souvent d’exprimer leur propre interprétation visuelle de certains grands thèmes philosophiques avec des résultats plus ou moins dignes d’intérêt sur un plan purement formel. Aussi bien, n’est-il pas toujours aisé de traduire en images des impressions émotionnelles et culturelles en partant de conceptions intellectuelles complexes.Préambule nécessaire avant de rendre compte de l’exposition personnelle inspirée que le français Bernard Bouin présente dans le nouvel et vaste espace ouvert au rez-de-chaussée du Palazzo Albrizzi, siège de l’association culturelle italo-allemande. Il s’agit d’un ensemble de 14 tableaux créés en hommage à Nietzsche clairement inspirés de l’œuvre mythique du grand penseur allemand : « Ainsi parlait Zarathoustra », écrit entre les années 1883 et 1885. En outre, cet hommage revêt une plus ample dimension, car enrichi de notes tirées de l’œuvre homonyme de Strass composée en 1896, directement inspirée de la pensée philosophique de Nietzsche. Cette construction confirme l’intense et émouvante fascination que l’œuvre continue d’exercer depuis maintenant plus d’un siècle, comme en témoigne, pour prendre un seul exemple, l’emploi de cette célèbre musique de Strauss dans le non mois célèbre film de Stanley Kubrick : « 2001 Odyssée de l’espace ».Pour en revenir aux peintures de Bernard Bouin, il convient de remarquer que le peintre français, que l’aspect figuratif de ses œuvres, fruit de son propre choix et de sa propre imagination, a su évoquer en un langage expressif, personnel et convainquant de mystérieuses atmosphères suggestives à l’intérieur des quelles nous rencontrons parfois des personnages modernes authentiquement contemporains.Dans quelques toiles, le personnage est représenté de dos, indistinct, immergé dans une ambiance surréelle à l’intérieur même des paysages, agrémenté parfois de citation littéraire.De ce monde onirique et fantastique ainsi créé, lointain en dépit d’une apparente proximité, ouvert à toutes possibilités du réel, surgit sur le mode visuel un vaste imaginaire poétique enrichi de références philosophiques convergentes et d’évocations musicales parallèles.Enzo Di Martino (Traduction française R.Denécheau 2013)
Du 4 octobre au 31 Octobre 2013
Casino Venier (Alliance Française de Venise)
tél :+39 041 52 27 079
« Ombra di Venezia »
Corte canal 114 x 146 cm
Tout passe et tout revient, éternellement tourne la roue de l’être.
Tout meurt, tout refleurit ;éternellement se déroule le cycle de l’être .
« Also sprach Zarathustra » Friedrich Nietzsche traduction Geneviève Bianquis
L’exposition aura lieu du 4 octobre au 31 Octobre 2013.
Tous les jours de 10H à 18H. Fermé samedi et dimanche.
" Sans la musique, la vie serait une erreur, une besogne éreintante, un exil
On pourrait peut-être classer tout le Zarathoustra dans la musique ? "
Friedrich Nietzsche
«Quand je cherche un mot pour remplacer celui de Musique, je ne trouve jamais que le mot Venise».
Friedrich Nietzsche
Salle 1 – Ainsi parlait Zarathoustra
Salle 2 – Nietzsche, Venise et la musique
Dans la première salle on pourra découvrir l'installation peinture - musique "Ainsi parlait Zarathoustra" d'après le poème musical de Richard Strauss et l’œuvre de Friedrich Nietzsche (voir dossier sur ce site).
C'est à la suite du concert « Ainsi parlait Zarathoustra »de Richard Strauss (Dimitri Liss et Orchestre de l’Oural) au moment de la Folle Journée de Nantes en 2011 que j'ai imaginé cette œuvre de 14 peintures. J’ai donné aux peintures mes propres titres qui correspondent aux 9 séquences de l’oeuvre de Richard Strauss. Les textes de Friedrich Nietzsche sont pris librement dans « Ainsi parlait Zarathoustra ».
La composition de l'ensemble pictural suit la structure de l'oeuvre musicale de Richard Strauss. En effet, j'aimerais que mon projet soit comme un éloge à la musique comme elle a été au centre de la vie de Nietzsche.
Je suis donc revenu à Nietzsche par la musique... Ensuite en faisant des lectures multiples de Zarathoustra, j'ai isolé les aphorismes qui pourraient faire naître "mes images". J'ai travaillé pour créer "mes images" entre la musique de Strauss et les aphorismes de Nietzsche que j'ai choisis.
Même s'il est surtout un grand philosophe, Nietzsche est d'abord un artiste, un poète.
Il pense dans le paysage, en marchant, et son Zarathoustra est aussi très visuel (de même que le poème symphonique de Richard Strauss) : c'est ainsi que sont nées "mes images".
Je veux lier ainsi peinture, musique et philosophie. Bien sûr, il n'était pas question pour moi d'embrasser l'ensemble de l'oeuvre mais plutôt d'en donner ma vision personnelle.
J’aime « les quatre Saisons » de Nicolas Poussin du Musée du Louvre….
J’ai donc imaginé que « Le Chant de la danse » de Richard Strauss, ronde de l’Univers selon Romain Rolland deviendrait « Le chant des Saisons ».
Bernard Bouin
L'exposition se poursuit dans la deuxième salle avec un ensemble de peintures récentes sur "Venise"