S’il m’est arrivé d’utiliser l’adjectif de mystique à propos de la peinture de ce bel artiste né en 1945, c’est surtout en raison du fait qu’il y a toujours chez Bouin » une lumière qui vient d’en haut », au sens propre comme au sens figuré. Ce double combat qu’il mène pour et contre la lumière depuis bien des années déjà constitue le principal attrait des oeuvres de ce peintre chez qui la figuration n’est qu’un code convenu du réel. Pièges de lumière fut le titre d’un fameux ballet dont Philippe Hériat signa l’argument. Ce pourrait être le titre générique des oeuvres rassemblées ici. Bien que toutes ces dernières soient exécutées dans une matière lisse, Bouin, par le jeu de la dégressivité de l’application de la touche, arrive à nous faire passer » physiquement » du matiérisme de l’ombre à l’esprit de la clarté, à exprimer l’irréel et le mystère par cette mise en lumière de la réalité.
[ Gazette Hôtel Drouot 20 Mars 1998 – Marc Hérissé ]
S’il est vrai que le travail pictural de cet artiste est constamment axé sur la lumière, il m’apparaît cette année que cette nouvelle lumière qui hante ses toiles est » une lumière venue d’en haut, une lumière venue d’ailleurs « avec tout ce que cela implique de mystique même si certaines des oeuvres peuvent dégager une troublante sensualité ou un délicat érotisme tendre.
Bouin sait nous faire entendre les voix du silence.
[ Gazette Hôtel Drouot 7 Mars 1997 – Marc Hérissé ]
Les toiles ci-dessous ont été exposées dans la Galerie Art Comparaison à Nantes, en Avril 1996.

Les toiles présentées ci-dessous ont été exposées dans la Galerie Cupillard à Grenoble, en Janvier 1996.
La figuration nocturne de l’artiste, est toujours porteuse de rêve et de mystère, mais, chez Bouin, jamais la réalité n’est élucidé par un quelconque « sfumato ». Elle baigne au contraire dans une lumière dorée. L’artiste semble nous dire : « vous qui cherchez un ailleurs, ne le cherchez pas plus loin: il est ici ». Car Bouin est le grand révélateur d’un insolite qu’il traque inlassablement au coeur d’un réalisme transfiguré.
Gazette Hôtel Drouot 2 Février 1996 – Marc Hérissé

Les toiles présentées ci-dessous ont été exposées dans la Galerie Visconti à Paris, en Février 1993.
X dans une équation symbolise toujours l’inconnue. Et ce qui m’a pour la première fois frappé chez cet artiste dont j’apprécie tant le travail, c’est qu’à son insu, un très grand nombre de ses oeuvres soient composées, tant à l’horizontale, qu’à la verticale, à partir d’une structure en forme de X précisément. J’y vois superstitieusement comme un signe secret au sein d’une oeuvre qui exerce une puissante attraction par son mystère. Il se passe apparemment peu de choses dans les toiles de Bouin et pourtant ces dernières nous interrogent. Dirai-je aussi qu’au sein de ces éclairages dorés, la matière fine et douce comme une peau, raffinée, où affleurent des transparences, est d’une superbe matité.
Gazette Hôtel Drouot 23 Février 1996 – Marc Hérissé
Les toiles présentées ci-dessous ont été exposées dans la Galerie Argo à Knokke -Zoute , en Juin 1995.
Lumière captive : en clair-obscur sensible, se découpent les compositions de Bernard Bouin. Si l’organisation de la toile s’impose en une certaine abstraction sereine, le figuration y est bien présente dans le sujet et le rendu des matières. La palette sobre, oscillant entre luminosité jaune et ombres grises, confère une atmosphère singulière qui le rapproche quelque peu de Chirico. C’est dans les natures mortes surtout que se confirme la qualité de l’expression…
Le Soir Bruxelles 7 juin 1995
